La confiance accordée aux travaux menés par les acteurs de la science – quelle que soit leur discipline – dépend en partie de leur capacité à donner une traduction concrète, commune et durable à des notions telles que la traçabilité, la reproductibilité, la répétabilité, la vérifiabilité, etc.
L’école thématique OPUS (Opacités épistémiques: méthodes, solutions et obstacles
pour monter en traçabilité) met en avant dans son intitulé la notion de traçabilité, considérée comme un trait d'union entre les pratiques, les outils, les enjeux et les réflexions issus de différentes disciplines, dans le but de renforcer la confiance dans les travaux scientifiques.
Dans ce sens, nous voyons la traçabilité comme une série de « traces » qui permettent d'identifier l'origine et de reconstituer le chemin de création d’un résultat (données, informations, modèles, connaissances, méthodes, outils, …).
L’école thématique OPUS veut rendre compte de l’importance de la transparence des résultats de recherche (et des protocoles mobilisés pour les produire) pour réduire ce que Héder (2023) appelle l’opacité épistémique (i.e. ce qui est caché, tacite, implicite ou évasif dans une étude scientifique, et qui finit par former une barrière épistémique entre l'ingénieur ou le chercheur et sa production, et conduire à une incompréhension du résultat obtenu).
L’opacité épistémique concerne toutes les disciplines dès lors que l’on étudie des systèmes complexes tels que les écosystèmes, les cultures humaines, les interactions entre dynamiques naturelles et dynamiques sociétales, etc. Cette opacité peut notamment tenir à l’importance du raisonnement interprétatif et de la prise en compte de différents types d’incertitudes (par exemple notions de fiabilité, de précision, de complétude), d’inférences complexes et quasiment impossibles à tracer (dans le sens d'un suivi précis et continu – tracking), ou encore à l’utilisation d’outils d’intelligence artificielle pour la détection, l’apprentissage, la traduction ... qui comportent en eux-mêmes des zones grises pour la compréhension humaine. Ces difficultés impactent notre capacité à monter en traçabilité, c’est-à-dire notre capacité à enregistrer suffisamment de traces de notre activité scientifique pour rendre lisible, partageable et pérenne nos résultats.
Cette notion de traçabilité concerne un large éventail de disciplines scientifiques qui chacune se confrontent à des difficultés correspondant à différentes phases présentes dans un travail de recherche (acquisition de données, mise au point de méthode, sélection de modèles, expérimentations et protocoles, documentation et partage des résultats, mise en cycle des données ...).
Assurer cette traçabilité reste un défi difficile à relever, comme demeure difficile à formaliser et à mettre en partage les « traces » de l’activité scientifique dans une démarche de science ouverte.
La traçabilité ainsi comprise est une condition nécessaire, mais pas forcément suffisante, pour permettre d’évaluer la validité et le niveau de confiance à accorder à une étude et à ses résultats (et améliorer la reproductibilité, la vérifiabilité, la réutilisabilité, la répétabilité, la réplicabilité, …).
Les problèmes d’opacité et de traçabilité sont connus et reconnus au sein de beaucoup de communautés scientifiques, mais leur mise en harmonie dans un cadre interdisciplinaire ouvre un débat à la fois technique, terminologique mais également conceptuel dont il convient de se saisir pour répondre aux enjeux d’intégrité scientifique (éthique, fiabilité). Même s'il pourrait être tentant de ramener ces problèmes à des situations de « réutilisation » de résultats de la recherche, il semble pertinent d'étendre cette notion à la simple nécessité de pouvoir utiliser ces résultats dans un climat de confiance.
Notre objectif est de dépasser - ne serait-ce qu’à l’occasion de cette école - nos « silos » respectifs et de présenter et comparer la diversité des solutions existantes en matière de « traçabilité ». Faire cela collectivement - sous la forme d'une école thématique interdisciplinaire réunissant différentes communautés scientifiques - peut nous permettre de faire ce que nous ne pouvons pas faire séparément, en tant qu'individus ou collectifs scientifiques.
L’ambition de cette école est de favoriser les porosités entre disciplines, entre scientifiques, et une prise de conscience partagée des apports et limites de réponses méthodologiques ou outils provenant de différents champs disciplinaires (sciences humaines et sociales, sciences de l’environnement, écologie, biologie, ingénierie, etc. ).
Pendant le déroulement de l’école seront présentés des outils conçus comme réponses opérationnelles au besoin de réduction d’opacité, au besoin de confiance. Mais seront surtout discutés les verrous, les blocages, les diagnostics ayant précédé le développement et l’expérimentation de ces outils.
L’école doit ainsi permettre aux participants de mieux identifier les zones d’opacité épistémique dans un cadre interdisciplinaire avec cette idée que la traçabilité, activité objectivement chronophage, peut aussi s’envisager sous l’angle d’une production de connaissances nouvelles et comme une valeur ajoutée pour la recherche.
CAES du CNRS La Villa Clythia
2754, avenue Henri-Giraud
83600 Fréjus
France
https://www.caes.cnrs.fr/sejours/la-villa-clythia/
Public concerné
Agents du CNRS, personnels universitaires ou d'autres institutions du secteur public,
doctorants, acteurs du secteur privé, ...
Inscriptions
L'école acceuillera 25 à 30 participants.
La procédure de candidature et d'inscription comprend deux suivantes :
Tarifs (incluant: inscription, hébergement, pension complète et matériels didactiques) :1) soumission de candidature à l'aide du formulaire de préinscription (ouverte).
Afin que votre candidature soit étudiée, merci de remplir le formulaire suivant - Fiche_inscription_ET_OPUS_2026.pdf - à l'adresse précisée dans ce formulaire.
2) préinscription et inscription via la plateforme en ligne "Azur-Colloque" du CNRS (lien en bas de page).
https://dr12.azur-colloque.fr/inscription/frDate limite d’inscription : 30/06/2026Les frais des agents CNRS sont pris en charge par le CNRS*.
Des frais d'inscription s'appliquent pour les participants hors CNRS.
Doctorants, étudiants - 700€ Participants établissements publics (hors CNRS) - 900 € Participants établissements privés - 1000 € Personnels CNRS - 0€ * contactez les pôles formation de votre délégation respective pour une prise en charge de votre mission
Dans cette section seront compilés en amont comme en aval de l'école des contenus en relation avec sa thématique, ou avec les différentes interventions prévues.






